Ce que cet observatoire ne mesure pas, et ne mesurera pas
Six choses manquent, et leur absence est un choix. Lesquelles, ce qu'il faudrait pour les obtenir, et ce que valent les sites qui les affichent quand même.
contient une mesure de ce site
Un observatoire se juge autant sur ce qu’il refuse de compter que sur ce qu’il compte. Voici les six manques de celui-ci.
1. La qualité du service rendu
Nous comptons des distances et des faits techniques sur des sites. Ni l’un ni l’autre ne mesure l’accueil, le délai de traitement, la compétence ou l’efficacité.
Ce qu’il faudrait : des données de délai et de satisfaction par guichet. Elles n’existent pas publiquement à cette granularité.
2. Les horaires et la disponibilité
Une permanence de deux demi-journées par mois compte comme un guichet ouvert cinq jours sur sept. C’est notre principale surestimation de l’accès.
Ce qu’il faudrait : normaliser des horaires écrits en texte libre pour des dizaines de milliers de fiches. Faisable, non fait.
3. Les permanences non recensées
Symétriquement, un agent qui tient bureau en mairie une matinée par semaine n’apparaît pas. C’est notre principale sous-estimation.
Les deux biais jouent en sens contraire dans les mêmes territoires, et nous ne savons pas lequel domine.
4. Le temps de trajet
Nos distances sont orthodromiques. En montagne, sur le littoral découpé et pour les communes insulaires, elles sont optimistes d’un facteur important.
Ce qu’il faudrait : plusieurs centaines de milliers de calculs d’itinéraire, dépendants d’un service extérieur et non reproductibles dans le temps. Nous avons préféré une mesure imparfaite et reproductible.
5. L’accès numérique
Couverture réseau, équipement des ménages, aisance avec les outils. Ces données existent en partie et leur croisement serait le prolongement naturel de cet observatoire.
Nous ne l’avons pas fait, et nous ne prétendons donc pas mesurer l’accès à l’administration, seulement l’accès physique aux guichets.
6. Le transport collectif
Une commune à vingt kilomètres avec une ligne cadencée est plus accessible qu’une commune à douze sans aucun transport. Nous mesurons des kilomètres, pas des lignes.
Ce que valent les sites qui affichent ces mesures
Certains le font honnêtement, avec une source et une méthode. Il faut alors lire la méthode : à quelle échelle, sur quelle source, avec quelle définition.
Beaucoup extrapolent. Un indicateur affiché pour toutes les communes de France sur un sujet dont les données sont partielles a été complété par un modèle, et c’est rarement annoncé.
Le test en trois questions, valable pour n’importe quel indicateur territorial : quelle est la source, quelle est sa date, et quels territoires ne sont pas couverts ? Un site qui répond aux trois est peut-être dans l’erreur, et on peut le vérifier.
Ce que nous mesurons, et c’est tout
La distance orthodromique entre chacune des 34 863 communes mesurées et l’équipement le plus proche de neuf familles de services essentiels, au 10 septembre 2026. Et la note technique de 21 417 sites communaux, relevée le 6 septembre 2026.
Tout le reste de ce site est du commentaire sur ces deux mesures, et sur leurs limites.
À lire ensuite
- Récapitulatif : ce que mesure ce site, en une page 4 septembre 2026
- Les questions que nous recevons le plus, et leurs réponses 2 septembre 2026
- Nos données sont téléchargeables : ce qu'on peut en faire 27 août 2026
- Comparer à d'autres pays : pourquoi nous ne le faisons pas 26 août 2026
Les chiffres cités sont ceux de ce site, et la page de méthode dit comment ils sont calculés. Les distances sont mesurées vers le service le plus proche, quelle que soit sa commune.